Je me souviendrai toujours ces mots d’Yves Nadon (enseignant au primaire et éditeur des 400 coups) qu’a rapportés un de mes professeurs à l’université : « on ne penserait jamais faire une classe de sciences sans laboratoire, sans bécher, sans comptoirs. Alors pourquoi une classe de français qui n’a pas l’air d’une classe de français c’est normal? » (notez ici que c’est un résumé et une reformulation des propos d’Yves Nadon) C’est un fait. Pourquoi le local de français a-t-il l’air d’un local bien ordinaire? Pourquoi le seul matériel auquel nous avons accès est le dictionnaire ou le Bescherelle? Le cours de français ne se résume pas qu’à y chercher des mots ou à savoir bien écrire ses verbes conjugués. On veut aussi y faire découvrir des auteurs, des genres, des livres.  

Questions de budget, d’espace, de classe qui ne nous appartient pas… Ces raisons sont toutes légitimes. Mais je crois qu’on possède tous chez soi ou que nous sommes tous capables d’avoir de beaux livres qu’il serait possible de présenter, de prêter ou de lire à ses élèves.

La même année où j’ai entendu ces propos d’Yves Nadon, j’ai assisté à une conférence de Sophielit où elle mentionnait l’importance de mettre les élèves en contact avec les livres. Elle soulevait les contraintes énoncées plus haut. Sa solution? Trainer ses livres dans un chariot. Il y a toujours un moyen de s’adapter. À partir de ce moment, j’ai commencé à me procurer de plus en plus de livres pour la jeunesse dans le but d’avoir une bibliothèque de classe bien garnie. Je suis consciente que ce n’est pas dans les moyens de tout le monde. Mais si vous êtes capables d’acheter ne serait-ce qu’un nouveau livre par étape que vous pourriez présenter à vos élèves, vous aurez, avec les années, une belle banque qui saura piquer la curiosité de quelques-uns.

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L’essentiel de la nécessité d’avoir une bibliothèque de classe réside à mon avis dans ces mots de Sophielit : « il faut d’abord qu’il n’y ait aucun effort à faire pour accéder à la lecture. » (Propager le plaisir de lire chez les élèves, Sophie Gagnon-Roberge, p.2) Une bibliothèque dans l’école c’est extraordinaire, mais chercher dans des rangées de livres n’est pas tentant pour tous les élèves. Ni se déplacer jusqu’à la bibliothèque quand il reste quinze minutes au cours et que l’élève a terminé le travail. Des livres à proximité, ça attire les curieux. Si vous n’êtes pas convaincus, je vous invite à vous procurer le cahier Propager le plaisir de lire chez les élèves, qui vous donnera une tonne de trucs pour valoriser la lecture et piquer la curiosité des jeunes dans vos classes. Et si vous êtes convaincus, qu’attendez-vous pour commencer à remplir cette bibliothèque maintenant? Avec ces livres à proximité, peut-être donnerez-vous à un élève la chance de lire un livre auquel il n’aurait pas eu accès avant.

CONCOURS!

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Grâce à la générosité des éditions Québec Amérique, Guy Saint-Jean, De Mortagne et C.A.R.D, vous courez la chance de gagner un ensemble de livres pour bien démarrer votre bibliothèque de classe. Plusieurs bijoux se cachent dans cette liste. Des livres à découvrir pour vous-mêmes et à partager sans retenue à vos élèves.

Pour participer vous devez :

  • Être enseignant en français au secondaire (ou étudiant en enseignement de français au secondaire)
  • Résider au Québec
  • Inscrire en commentaires sous l’article ici ou sur la publication Facebook qui y est reliée quel livre est pour vous un incontournable dans une bibliothèque de classe. (Pour moi ce serait Eux de Patrick Isabelle, un vrai coup de cœur!)
  • Le concours prendra fin le 24 février 2017. La personne gagnante sera contactée par courriel ou message privé et annoncée sur ma page Facebook, et aura 7 jours pour me donner ses coordonnées.
  • Bonne chance! N’hésitez pas à partager. Qui sait, si c’est un ou une de vos collègues qui gagne, peut-être partagera-t-il?