Daniel Leblanc-Poirier, Éditions de L’Interligne, Collection Vertiges, Ottawa, 2016, 125 pages.

Laurent et Étienne, originaires de Gatineau, débarquent à Montréal pour leurs études. Leurs amours, qui ne sont pas des plus joyeuses, les poussent dans les bras de nouvelles filles et de nouvelles expériences. Drogues, alcool, fêtes et sexe prendront place dans leur quotidien d’étudiant.

J’ai beaucoup aimé l’histoire plutôt banale d’étudiants universitaires. Sans insinuer que c’est le cas de plusieurs, l’histoire relate tout de même les « premières fois » d’un étudiant, les vices qui le feront parfois dévier du droit chemin. De plus, la relation toxique que vit Laurent, et qui nous est racontée par Étienne, ajoute à ce quotidien encore plus de complications. Les deux jeunes hommes voient leur vie prendre toutes sortes de détours qui ne sont pas très lumineux.

Bien que j’aie beaucoup apprécié l’histoire, l’écriture m’a parfois fait décrocher. J’ai trouvé la plume trop imagée. C’est une constatation très personnelle. Ce côté de l’œuvre plaira certainement aux âmes poétiques.

Les personnages, avec leurs travers, réussissent aussi à venir nous chercher. Ils vivent dans le moment présent et ne restent que très peu accrochés au passé. Toutefois, ils semblent s’enfoncer de plus en plus dans leurs vices. C’est ce qui les rend, à mon avis, attachants. On a envie de les secouer, de leur dire de ne pas tout abandonner, de faire la juste part entre leur avenir et le moment présent. Trop ancrés dans ce dernier, ils ne semblent pas toujours penser aux impacts que leurs décisions auront sur leur avenir. Autant Laurent et Étienne que Florence, la petite amie (?) d’Étienne, ne nous laissent pas indifférents. Par leurs gestes, ils nous font réagir et nous permettent de mieux embarquer dans le roman.

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« Le ciel avait l’air d’une guenille crottée. Il pesait lourd sur nos épaules, ce torchon-là, mais nous tentions de nous conter des jokes, les lunettes de soleil dans la face pour oublier que le temps gris avait la barbe longue et que l’autobus faisait exprès de ne pas arriver. » (Le deuil tardif des camélias, p.52)

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