Article écrit par Marie-Michèle Martel | Accompagnement éditorial

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Qui est l’auteur indépendant ? Même s’il a l’air d’une créature étrange qui choisit de s’autopublier plutôt que de passer par une maison d’édition (par choix, ou non), l’auteur indépendant est de moins en moins seul. Les projets d’autoédition fusent de toutes parts. Pourquoi faire le choix de s’autoéditer ? Comment s’y prendre ? Dans cet article, je vous propose un tour d’horizon du statut d’auteur indépendant et du processus d’autoédition.

Les types d’édition

Il existe trois canaux de publication : l’éditeur, l’édition à compte d’auteur et l’autoédition. L’éditeur est assurément le chemin le plus connu. Les auteurs déposent un manuscrit chez une maison d’édition. Après plusieurs comités de lecture, ce livre est retenu ou non pour être publié. Évidemment, les manuscrits retenus doivent s’inscrire dans la ligne éditoriale de la maison d’édition pour avoir une chance d’être soumis à un comité de lecture.

Ensuite, l’édition à compte d’auteur permet à un auteur de payer pour des services d’édition professionnels. Par conséquent, il paie un forfait pour qu’un éditeur gère la révision linguistique, la mise en page, la correction d’épreuves et l’impression. Dans certains cas, l’éditeur peut également proposer des services de diffusion et de distribution. Ce chemin est parfois critiqué, car les éditeurs ne font pas de travail d’édition, c’est-à-dire qu’ils n’offrent pas d’accompagnement au niveau du texte.

Enfin, l’autoédition est une avenue de plus en plus envisagée par les auteurs. Ceux-ci prennent entièrement en charge la publication de leur texte. C’est donc à eux que revient la responsabilité des différentes étapes éditoriales. Par conséquent, ils sont libres de faire appel à différents professionnels, comme le lecteur professionnel pour du soutien au niveau du texte. Il s’agit de leur projet à 100 %.

Pourquoi choisir l’autoédition?

Si l’autoédition est de plus en plus populaire, c’est que les avantages sont multiples. En voici quelques-uns. Certains le feront pour avoir le contrôle sur leur projet, tant au niveau du texte qu’au niveau du packaging (mise en page, couverture, etc.). Par conséquent, les commentaires au niveau du texte pourront être pris en compte ou non. De plus, leur livre n’aura pas à se plier à une ligne éditoriale ou à une collection. Il aura sa propre identité.

En plus de garder le contrôle sur leur projet, les auteurs qui choisissent l’autoédition le font aussi pour les droits d’auteur. Lorsqu’un livre est publié par une maison d’édition, la redevance de l’auteur est d’environ 10 %. Pourquoi? Les 90 % sont répartis entre l’éditeur, le diffuseur-distributeur ainsi que la librairie. Pour faire simple, l’éditeur assume les risques de la publication du livre puisqu’il fournit les fonds nécessaires à sa réalisation sans avoir un succès garanti. Le diffuseur-distributeur prend une partie de la vente du livre afin de payer l’entreposage, la livraison du livre et ses représentants. Enfin, le libraire prend une partie de la vente pour assumer les frais de l’espace occupé dans la librairie par ce livre ainsi que la gestion l’entourant. En autoédition, 100 % du prix du livre reviendra à l’auteur qui s’en servira pour payer les frais de production et empochera le reste des profits.

De façon moins glamour, certains auteurs choisissent l’autoédition, car leur livre n’a pas été retenu par les maisons d’édition. Le calendrier éditorial d’une maison d’édition est restreint dans son nombre de titres par année, selon les moyens financiers de la maison. Or, une maison d’édition peut recevoir des milliers de manuscrits par année. Il est donc normal qu’elle ne puisse et ne veuille pas tous les publier. L’autoédition devient donc une possibilité intéressante pour faire naître son livre.

Comment s’autoéditer?

En choisissant l’autoédition, il faut faire preuve de discipline et d’organisation. L’auteur qui choisit cette avenue devra planifier les mois qui viennent de deux façons : les professionnels qui travailleront avec lui ainsi que les fonds nécessaires pour publier leur livre.

L’auteur doit d’abord établir ses besoins. Voudra-t-il avoir un avis professionnel sur son texte ? Dans ce cas, il voudra travailler avec un lecteur professionnel. Puis, au moment de concevoir le livre, il est fortement conseillé de travailler avec un réviseur linguistique qui s’assurera de la qualité de la langue. Ensuite, un graphiste bâtira la maquette et la couverture du livre. Un correcteur d’épreuves pourra repérer les dernières coquilles, les erreurs de montage. Enfin, il y a bien sûr l’impression.

Afin de bien vivre son processus d’autoédition, l’auteur doit établir un budget. Il doit être prêt à assumer les frais. En plus de mettre un frein au projet, le manque d’argent peut provoquer des craintes et du stress en cours de projet. L’auteur pourra demander des estimations afin de bâtir un budget réaliste. Avec une bonne planification, il pourra amasser les fonds nécessaires et bien vivre son projet d’autoédition. Il vaut parfois mieux retarder son projet de quelques mois pour avoir le résultat de nos rêves que de se précipiter de frapper un mur.

En plus de planifier son projet, l’auteur devra s’attaquer à quelques étapes administratives comme l’ISBN et le dépôt légal. De plus, un auteur autoédité devra s’informer sur ses obligations fiscales. Après tout, il vendra un produit et en tirera des revenus. D’ailleurs, s’il souhaite réellement vendre son livre, l’auteur doit penser comme un entrepreneur. Le marketing ne peut être mis de côté.

L’autoédition présente de nombreux avantages qui tentent les auteurs. Pour demeurer en confiance tout au long du projet, la planification est la clé de la réussite. Il faut éviter d’être impatient et plutôt opter pour la confiance. En y allant pas à pas, l’auteur s’assure de créer le livre de ses rêves et surtout, un livre de qualité. L’auteur autoédition n’est plus seulement un auteur. Il est auteur, éditeur, gestionnaire de projet et entrepreneur.

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