Magali Laurent, Éditions de Mortagne, Boucherville, 2017, 447 pages.

Oxana et son jumeau Alexandre font partie du Cellier, une ville où les humains sont traités comme des esclaves par les B.O.A., des anciens humains qui doivent maintenant se nourrir de sang. Les deux jumeaux travaillent des heures de fou et Oxana n’en peut plus. Tout ce qu’elle souhaite, c’est vivre à Liberté, la ville où les humains et les B.O.A., parait-il, vivent en harmonie. Bien vite son souhait sera réalisé et elle se rendra compte que la ville qu’elle croyait idyllique est loin de l’être. Avec son frère, d’autres adolescents du Cellier et une humaine parfaite de Liberté, elle sera prise dans une loterie humaine où des milliers de B.O.A. n’attendent que de les gagner.

J’adore les dystopies. Notre monde actuel est loin d’être parfait, mais quand on lit des histoires comme celles-ci, on se console presque. La vie que mènent les humains dans le Cellier et à Liberté est un vrai cauchemar. On sent qu’une rébellion ne cherche que le bon moment pour exploser. Avec tout le contrôle qu’exercent les êtres supérieurs, on réalise tout le danger que crée chaque petite insoumission. J’ai d’ailleurs apprécié faire la comparaison entre les hauts dirigeants du roman de Magali Laurent et ceux qui dirigent les Hunger Games. Ils vivent dans l’abondance, ont une attitude de supériorité et ne mettent de l’avant que le côté incroyable de la loterie pour en mettre plein les yeux aux B.O.A. qui cherchent à gagner ces lots.

Je n’ai pu lâcher ce roman. C’est une histoire très haletante. Les 447 pages ne sont pas futiles. Chaque court chapitre nous offre des actions angoissantes. Tout ce que je voulais, c’était connaitre le sort qu’on réservait aux six lots humains. Je me suis beaucoup attachée aux personnages qui avaient le feu de la colère à l’intérieur d’eux, comme Oxana, alors que j’étais frustrée contre Cléo qui semblait plus vivre son sort sans rien dire.

Si vous aussi appréciez les dystopies, les histoires enrageantes où la supériorité profite du sort de l’infériorité, je vous conseille de découvrir ce roman. C’est une lecture que vous ne voudrez pas lâcher. Vous pouvez commander B.O.A. et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici.

« Des produits… Oxana ne connaît pas ses parents, comme tout le monde dans le Cellier. On raconte qu’il existe des Celliers destinés à la procréation. On raconte que les humains grandissent dans des œufs. On raconte qu’ils sont conçus dans des tubes. On raconte bien des choses, mais personne ne connaît la vérité. » (B.O.A., p.89)