Katherena Vermette, éditions Québec Amérique, collection Latitudes, Montréal, 2017 (2016), 447 pages.

Stella est témoin d’une violente agression dans une ruelle près de chez elle. Bien vite, cette nouvelle touchera plusieurs personnes dans la communauté autochtone du quartier North End de Winnipeg. Ces différentes personnes, desquelles on croisera la route, marchent depuis beaucoup trop longtemps sur une ligne brisée.

Ce roman est vraiment puissant. D’une part il nous offre une enquête assez intrigante sur l’agression violente dont a été victime une jeune Métisse et, d’autre part, on en apprend plus sur la vie difficile que mènent bien des femmes et des hommes autochtones. Il s’agit d’une histoire dramatique, mais surtout touchante.

Chaque chapitre nous offre la vision d’un membre différent de la famille de la victime ou de ceux qui ont une incidence certaine sur l’agression et sur l’enquête. Peu importe le rôle que jouent ces personnages, on réalise toute l’ampleur de ce qu’ils et elles ont vécu. Des inégalités qui font grincer des dents, de la violence qu’on n’oserait jamais imaginer et un mode de vie qui semble tout rendre plus difficile. C’est une histoire qui fait mal, mais qui nous ouvre très grand les yeux.

J’ai aimé découvrir cette culture que je ne connaissais pas vraiment. Les quelques mots comme « Kookom » nous plongent directement dans l’univers de cette famille brisée par leur vie difficile, mais réunie par l’amour et le respect. L’écriture orale aux expressions parfois vulgaires nous permet également de pénétrer dans l’histoire et de s’y laisser emporter. Bref, c’est un roman que j’ai réellement apprécié et pour lequel je n’arrive pas (et n’ai pas envie) de trouver un aspect qui m’a déçue.

Si vous cherchez une lecture qui vous fera sortir de votre zone de confort et qui vous permettra de découvrir une culture qui n’est pas si loin de chez vous, Ligne brisée est un excellent choix. Vous pouvez le commander et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici.

« T’sais, ça veut rien dire quand je dis ça. C’est pas comme si je pensais que t’es comme les Indiens du coin, ou je sais pas trop. Je pense pas que t’es comme eux. T’es différent. Je veux dire, t’es pas très différent, mais quand même différent. T’es un bon p’tit gars. T’es même en train de devenir un pas pire policier. » (Ligne brisée, p.380)

Publicités