Émilie Turgeon, éditions de Mortagne, Boucherville, 2018, 369 pages.

Depuis une soirée mystérieuse à l’âge de huit ans, Roxanne est sourde. Du jour au lendemain, il a fallu que sa famille apprenne le langage des signes et que Roxanne quitte son école pour un centre adapté. Jamais les médecins n’ont compris pourquoi son ouïe, disparue après un choc, n’était pas revenue. Aujourd’hui, alors qu’elle a seize ans, elle retrouve le plaisir d’entendre, mais seulement lorsque Liam se retrouve près d’elle.

J’adore lire des romans pour adolescents. Replonger dans cette période de la vie, revivre les premiers partys, les premières amours, les premières chicanes… Ce sont des évènements qu’on ne vit pas deux fois (et parfois c’est mieux ainsi!), mais c’est toujours plaisant d’entendre – ou de lire – les histoires de quelqu’un d’autre. Celle-ci n’en fait pas exception. J’ai aimé m’incruster dans le quotidien de Roxanne et imaginer comment elle a vécu son adolescence sans son ouïe.

Un roman pour ado peut parfois devenir cliché ou suivre un modèle tout fait. Ici, Émilie Turgeon met une touche différente, notamment avec la protagoniste sourde, mais aussi en créant une histoire à faire rêver autour d’une fille qui n’entend que lorsqu’elle est en présence d’un garçon en particulier. Vrai ou pas, ce genre d’histoire, ça donne le gout de s’évader et d’imaginer que tout est possible.

En plus de se lire à la vitesse de l’éclair, les 29 chapitres permettent d’apprendre les chiffres et les nombres en langage des signes. Une touche originale apportée au roman. Ce qui est bien également est que le roman n’aborde pas que la surdité ou l’amitié. La famille de Roxanne, qui semble parfaite, regorge elle aussi de mystères. On y découvre un lourd passé où la maladie mentale a fait toutes sortes de ravages. Une histoire touchante où l’empathie et le sens du pardon portent à de nombreuses réflexions.

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« C’est fou comme le langage verbal me manquait. Toutes ces façons de s’exprimer, de dire les choses. L’ironie, le sarcasme, la subtilité, les sous-entendus… C’est comme de l’art. » (Le silence est d’or, p.272)

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