Eve Lemieux, éditions XYZ, 2019, 220 pages.

Philomène vit dans une éternelle peine d’amour. Les hommes s’enchainent à la vitesse des lendemains de veille. À côté de sa meilleure amie Tania qui vit une histoire d’un amour explosif, Philo n’en mène pas large. Surtout auprès du gentil Raphaël qui la tient dans une relation trop sereine.

À l’image de sa protagoniste, Comme des animaux est un roman qui claque, et très fort! Philomène semble avoir une propension à accumuler les catastrophes, à un point tel qu’on en vient parfois à se demander si elle ne cherche pas à se laisser engloutir par le chaos. Cela reste toutefois une idée très passagère, puisqu’on réalise assez rapidement que Philo ne cherche pas le drame pour le plaisir, n’enchaine pas les claques pour passer le temps, mais bien parce que son intérieur la dévore.

Dans ce roman (et dans celui que la protagoniste écrit), les images sont puissantes. On ressent le mal qui lui déchire les entrailles. Cette bête cruelle qui la fait devenir un peu moins humaine chaque fois.

« Je sais pas si je vais être capable de retomber en amour. J’ai voulu mourir, estie! Pour un gars avec qui j’ai été pendant six mois! Ça a pas d’allure. C’est comme si j’ai une plaie ouverte à l’intérieur de moi qui veut pas disparaître. C’est con, hein? » (Comme des animaux, p.111)

Au début de ma lecture, j’ai eu quelques difficultés à suivre le fil du récit. Même si les chapitres sont intitulés par dates, je me perdais dans les différents personnages (particulièrement masculins) ainsi que dans les interventions de Tania dans la narration (qui, au final, sont quasi absentes). Toutefois, quelques chapitres m’ont suffi pour devenir moi-même dépendante de cette histoire impétueuse.